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La référence en mobilier de bureau

2026, année de mise en oeuvre de l’achat durable pour toutes les collectivités

Sommaire Introduction  En 2023, le montant des marchés publics atteignait plus de 170 milliards d’euros en France (soit 6% du PIB national) et concernait les marchés de services pour 40%, les marchés de fournitures pour 32%, et les marchés de travaux pour 28%. Bien que l’État et le secteur hospitalier représentent 30 % des donneurs d’ordres de ces marchés et les entreprises publiques, les entités adjudicatrices, et les autres structures 27 %, les donneurs d’ordres majoritaires restent avant tout les collectivités territoriales (43 %)*.     D’un montant de près de 73 Mds€, la commande publique des collectivités territoriales constitue un formidable levier pour la transition écologique des territoires français via notamment l’achat de matières issues du réemploi, de la réutilisation, et/ou du recyclage. Ce levier est en passe de s’activer de manière puissante en 2026 via l’application de l’article 35 de la loi Climat et Résilience du 22 Août 2021. En effet, jusqu’alors réservée aux collectivités territoriales ayant des montants d’acquisitions supérieurs à 50 M€, la loi Climat et Résilience obligera, à partir du 22 Août 2026 au plus tard, la prise en compte du développement durable dans toutes les étapes des marchés publics pour tout acheteur public et pour tout achat.   Afin d’aider les collectivités territoriales sur l’achat durable, le présent article propose de faire un tour d’horizon du contexte national de la commande publique durable, de la situation actuelle de l’achat durable des collectivités territoriales et des ressources mises à disposition de celles-ci pour mieux intégrer le développement durable dans leurs processus d’achat.  Le contexte national réglementaire de la commande publique durable  La réglementation française en matière d’achat public a beaucoup évolué depuis 20 ans et encourage désormais fortement la prise en compte du développement durable dans les processus d’achat, via notamment l’intégration de critères environnementaux dans le processus de sélection :  En 2006, le code des marchés publics rend obligatoire la prise en compte des objectifs de développement durable dans la définition des besoins d’achat.  En 2007, la 1ère version du Plan national des achats responsables (PNAD) présente les ambitions et les objectifs de la commande publique en matière de développement durable. Véritable feuille de route de l’ensemble des acheteurs publics engagés pour une commande publique durable, sa 3ème version (2022-2025) prévoit en particulier que 100 % des contrats de la commande publique intègrent au moins une considération environnementale et 30 % au moins une considération sociale en 2025.  Depuis 2020, cette exigence écologique se retrouve également dans la rédaction des cahiers des charges des acquisitions, qui fait l’objet de l’article 58 de la loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (dite loi AGEC), et qui impose aux acheteurs d’acquérir des biens issus du réemploi ou de la réutilisation ou comportant des matières recyclées. La loi n° 2021-1104 Climat et résilience du 22 août 2021 renforce également les moyens opérationnels à disposition des acheteurs via l’article 35 qui rendra obligatoire, au plus tard le 22 Août 2026, la prise en compte du développement durable à toutes les étapes d’un marché, notamment :  Plus récemment, la loi Industrie verte du 23 octobre 2023 oblige les acheteurs publics à intégrer depuis Juillet 2024 les critères environnementaux des produits clés de la décarbonation. Des obligations sectorielles portées par la loi Egalim sur l’alimentation durable et de qualité ainsi que la loi AGEC anti-gaspillage pour une économie circulaire orientent également les acheteurs vers une commande publique durable et responsable. Enfin, le Code de la Commande publique oblige les collectivités locales dont les dépenses sont supérieures à 100 millions d’€ par an (abaissées à 50M€ par la loi Climat et Résilience de 2023 et étendues à tous les acheteurs publics par la Loi Industrie Verte) à réaliser un Schéma de Promotion des Achats Socialement et Ecologiquement Responsables (SPASER), véritable feuille de route pour l’achat durable au sein d’une structure publique.  La situation nationale de l’achat durable des collectivités territoriales  Tout citoyen français peut consulter librement l’état actuel des acquisitions réalisées par les collectivités territoriales françaises. En effet, l’Etat, les collectivités territoriales et les groupements de collectivités territoriales doivent déclarer, sur la plateforme des données publiques françaises, leurs dépenses relatives à l’acquisition de biens issus du réemploi ou de la réutilisation ou intégrant des matières recyclées (article 58 loi AGEC), au plus tard dans les six mois suivant l’année civile concernée (30 juin de l’année N+1). Cette déclaration s’opère selon les modalités fixées par arrêté du 13 janvier 2025 fixant les modalités de déclaration de la part des dépenses relatives à l’acquisition de biens issus du réemploi ou de la réutilisation ou intégrant des matières recyclées.  À l’écriture de ces lignes et d’après nos évaluations, seul un faible pourcentage des collectivités territoriales française a renseigné l’état de ses acquisitions pour l’année 2024 :  8 métropoles (Bordeaux, Brest, Clermont-Ferrand, Dijon, Lyon, Nice, Rennes et Toulouse) sur les 22 reconnues, soit environ un tiers, ont renseigné leurs données et seulement 15 communautés d’agglomération sur les 229 existantes, l’ont réalisé, soit environ 5%. Le constat est identique pour les autres collectivités territoriales françaises (communautés de communes et communes). Ceci peut s’expliquer par le fait que l’obligation de déclaration des données d’acquisitions ne concerne, pour l’instant, que les collectivités engageant plus de 50 M€ de dépenses annuelles.   Afin de dresser un panorama national représentatif et comparatif, les proportions (exprimées en pourcentage) des montants annuels de dépenses consacrées à l’acquisition de produits issus du réemploi ou de la réutilisation (en bleu) et intégrant des matières recyclées (en orange) réalisées en 2024 par les 8 métropoles françaises ayant renseigné leurs données sur la plateforme des données publiques françaises, ont été rassemblées sur le tableau ci-dessous et classées par catégorie de produits. Les proportions minimales d’acquisitions à atteindre en 2024 pour chaque type de produits ont également été indiquées sur la colonne la plus à droite du tableau pour rappel. L’article 58 de la loi AGEC impose en effet deux objectifs distincts et cumulatifs en matière d’achat de produits issus du réemploi ou de la réutilisation et intégrant de la matière recyclée. Ces deux objectifs sont exprimés en pourcentage du montant annuel de dépense (hors taxe) consacrée à l’acquisition de produits relatifs à sa catégorie au cours d’une année civile et augmentent par palier en 2027 et en 2030 (voir fichier PDF joint pour un rappel des objectifs de l’article 58 de la Loi AGEC).  Tableau 1. Proportions, exprimées en pourcentage, des montants annuels de dépenses consacrées à l’acquisition de produits issus du réemploi ou de la réutilisation (en bleu) et intégrant des matières recyclées (en orange) réalisées en 2024 par les 8 métropoles françaises ayant renseigné leurs données sur la plateforme des données publiques françaises. NA signifie que la collectivité n’a pas déclenché des dépenses affectées sur cette typologie d’achats en 2024. La dernière colonne de droite indique les proportions minimales d’acquisition à atteindre en 2024 pour chaque type d’acquisitions. Pour rappel, L’article 58 de la loi AGEC impose deux objectifs distincts et cumulatifs en matière d’achat de produits issus du réemploi ou de la réutilisation et intégrant de la matière recyclée. Ces deux objectifs sont exprimés en pourcentage du montant annuel de dépense (hors taxe) consacrée à l’acquisition de produits relatifs à sa catégorie au cours d’une année civile. Ces deux objectifs augmentent par palier en 2027 et en 2030 (voir fichier PDF joint pour un rappel des objectifs de l’article 58 de la…
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LES TENDANCES 2025 EN MOBILIER DE BUREAU PROFESSIONNEL

L’évolution du monde du travail continue d’influencer les tendances en matière de mobilier de bureau professionnel. En 2025, ces tendances reflètent une volonté d’améliorer le bien-être des collaborateurs tout en favorisant l’efficacité et en respectant les enjeux environnementaux. 1. Le mobilier ergonomique, au cœur des priorités Le bien-être au travail reste un enjeu central pour les entreprises. En 2025, les mobilier ergonomiques jouent un rôle essentiel dans l’amélioration des conditions de travail. Les mobilier de bureau ergonomiques, tels que les bureaux réglables en hauteur et les sieges ergonomiques, deviennent des incontournables pour répondre aux besoins de chaque utilisateur. La nouveauté de 2025 réside dans l’intégration de technologies intelligentes. Certains bureaux sont désormais équipés de capteurs qui surveillent les habitudes de posture et envoient des rappels pour ajuster les positions. Ce type de mobilier de bureau professionnel s’impose comme un véritable outil de prévention des troubles musculosquelettiques et de promotion du bien-être. Ref : Fauteuil Confort 2. La flexibilité et la modularité au service des espaces collaboratifs Les modes de travail hybrides exigent des espaces adaptables.  En 2025, le mobilier modulable est au cœur des tendances : les bureaux pliants, les cloisons modulables et les meubles mobiles permettent une reconfiguration rapide des espaces selon les besoins. Cette flexibilité répond également à la diversité des activités professionnelles : brainstorming, visioconférences ou moments de concentration individuelle. Pour compléter ces mobilier flexibles, les solutions acoustiques, comme les panneaux phoniques design, garantissent un environnement propice à la productivité, même dans des espaces partagés. Ref : Gamme Modulable 3. L’écologie au premier plan La prise de conscience environnementale influence fortement le choix du mobilier de bureau professionnel en 2025. Le mobilier éco-responsable s’impose grâce à l’utilisation de matériaux durables tels que le bois certifié, le métal recyclé ou des plastiques biosourcés. La tendance des mobilier de seconde main se développe également : le mobilier rénové ou upcyclé permet de prolonger la vie des produits tout en respectant les normes esthétiques et fonctionnelles actuelles. Ce choix de mobilier de bureau seconde main s’inscrit dans une démarche durable, tout en offrant des solutions économiques pour les entreprises. Découvrez notre mobilier d’occasion 4. Le design au service de l’identité d’entreprise Les tendances 2025 en mobilier design s’orientent vers des lignes épurées et des matériaux naturels. Cette approche minimaliste crée des espaces apaisants et élégants, tout en renforçant l’identité visuelle de l’entreprise. Certaines entreprises utilisent le choix de leur mobilier de bureau professionnel design pour affirmer leurs valeurs, en privilégiant par exemple des meubles fabriqués localement ou conçus à partir de matières recyclées. Cela renforce leur image de responsabilité sociale et environnementale. Cette personnalisation, via un mobilier modulable ou des éléments sur mesure, devient un levier stratégique pour se démarquer sur un marché compétitif.

Adapter le mobilier de bureau aux nouveaux usages

Agencement flexible, espaces ouverts, l’aménagement de nos bureaux évolue et les mobiliers doivent répondre à ces nouveaux usages. Transformer les mobiliers de bureau, c’est l’objectif donné à Studio Pourquoi Pas. RéemploiRénovationTertiaireUpcycling Statut : Terminé L’aménagement de nouveaux espaces de travail en privilégiant le réemploi Un grand groupe dans le secteur de l’énergie, dont le siège est situé en région parisienne, a souhaité faire évoluer ses espaces de travail pour répondre aux nouveaux usages et aux nouvelles organisations au sein de l’entreprise.L’objectif : un agencement flexible, avec des espaces plus ouverts.Seulement, le mobilier existant n’étant pas adapté, la question de la seconde vie de l’ancien mobilier s’est posée : comment ne pas jeter les anciens bureaux ? Que faire des armoires métalliques ? Comment les réutiliser dans ces nouveaux espaces ? L’entreprise a souhaité imaginer la transformation des produits dans une dynamique de réemploi. Réinventer et adapter les mobiliers de bureau Le Studio Pourquoi Pas, studio de design francilien expert du réemploi des produits, a été sollicité pour réinventer deux typologies de mobiliers : le bureau d’angle et l’armoire haute métallique. Alliance entre esthétisme et fonctionnalité Afin d’apporter de la variété et proposer d’adapter l’esthétique aux envies du client, Studio Pourquoi Pas a opté pour un travail sur les portes de l’armoire. Plusieurs designs ont ainsi été étudiés en fonction des matériaux potentiellement disponibles : Les matériaux complémentaires utilisés comme le chant en bois massif recouvrant les zones de découpe du bureau, ou la structure en bois intégrée à l’armoire, sont entièrement issus du réemploi.La transformation des bureaux a même été imaginée de manière à être réalisée progressivement dans le temps au sein des locaux du client, afin de minimiser l’impact environnemental et les coûts du transport.

La révolution des phone box

Dans : Le bureau de demain Margaux Beaunez 26/07/2021   •  ·  ·  La cabine téléphonique est morte, vive la phone box ! C’est un peu le phénomène du moment dans l’aménagement de bureau. Elles sont partout, on en retrouve dans quasiment tous les open space et ceux qui n’en sont pas encore équipés se ruent vers ces indispensables. On s’y isole, seul ou même à plusieurs, elles sont disponibles à l’achat ou en location.Bien plus qu’une box dans laquelle on peut téléphoner tranquillement, les usages de la phone box se diversifient, se réinventent et sont en constant changement, tout comme les lieux dans lesquels on peut les retrouver. Ce nouvel outil qui se multiplie, c’est la phone box. Mais d’où vient ce concept, comment ça marche, combien ça coûte, quels sont les différents usages ou encore les dernières tendances ? On en parle tout de suite. 10h30 : Séminaire en visio13h : Call avec un client15h : Réunion avec des collègues16h : L’école de votre enfant vous appelle18h : Compte rendu de fin de journée Si vos journées de travail sont rythmées par des appels téléphoniques et des visioconférences ou si, comme 59% des salariés, vous êtes fortement gênés par le bruit au travail (d’après une enquête de l’Ifop). Mais vous ne voulez pas vous isoler au quotidien car l’idée d’être dans un open space ou dans un bureau que vous partagez à plusieurs est bien plus agréable. Alors, la phone Box est certainement la solution que vous allez prochainement envisager d’adopter. Une phone box, c’est quoi ? En français, “phone box” signifie cabine téléphonique. Au bureau, c’est un mobilier acoustique qui permet de s’isoler des autres pour passer ses appels téléphoniques entre autres. La phone box permet d’une part d’être au calme, et d’une autre de ne pas déranger ses collaborateurs.  Il n’est pas compliqué d’imaginer l’inspiration et l’origine de ces phone box. Nous pensons bien évidemment à ces anciennes cabines téléphoniques que l’on pouvait trouver à tous les coins de rue et dans lesquelles il suffisait d’insérer une pièce de monnaie pour pouvoir passer un appel. Maintenant, c’est un peu la même idée, sauf que vous venez avec votre smartphone et/ou votre ordinateur.Et la bonne nouvelle, c’est qu’il existe plusieurs types de phone box ! Les différentes options.  C’est la phone box qui ressemble le plus aux anciennes cabines téléphoniques que vous connaissez et c’est le modèle le plus apprécié par les entreprises en général car elle est petite et pratique. Vous pouvez l’installer où vous le souhaitez et la déplacer à volonté. Avantage non négligeable puisqu’elle ne prend pas de place ! Aussi, dans cette phone box, calme et confidentialité sont au rendez-vous. Vous pouvez échanger et discuter sans avoir peur de déranger ou d’être dérangé.e. Vous n’êtes cependant pas totalement coupé de l’extérieur puisqu’en général les portes sont totalement transparentes, pour éviter la claustrophobie dans ce petit espace clos. Et pas de panique, un système de ventilation et de recyclage de l’air y est équipé ! Cette phone box s’apparente plus à un bureau cloisonné qu’à une cabine téléphonique, étant ouverte sur l’extérieur. À la différence du modèle précédent, ce n’est pas un espace clos. Il arrive alors que des demi-cabines soient un peu plus grandes ou équipées au niveau du mobilier. Par définition, on devrait y être plus concentré car visuellement rien ni personne ne pourra venir vous déconcentrer. Cependant, l’isolement sonore n’y est pas optimal dès lors que l’espace est à moitié ouvert sur l’extérieur.             .           La bulle Une bulle est un espace acoustique qui ressemble à une salle de réunion comme tout ce qu’il y a de plus normal. Elle est entièrement équipée au niveau du mobilier, de l’éclairage, de l’aération ou encore de l’isolation sonore, vous n’avez plus qu’à la relier électriquement. En plus, elle est auto-portante et modulaire ! Comme son nom le laisse présager, c’est un fauteuil qui réduit le bruit grâce à de grands panneaux fixés au niveau des accoudoirs. Une solution moins onéreuse, ultra mobile et flexible puisque le fauteuil s’installe dans n’importe quelle pièce sans aucune contrainte, tout en assurant une réduction du bruit et un cadre isolé pour téléphoner ou travailler.  Minimaliste, cette solution est idéale pour ceux qui n’ont pas de place puisqu’elle n’en prend pas. Accrochée au mur avec de simples petits retours acoustiques, elle vous permet d’avoir un minimum d’intimité. Elle est plutôt réservée aux conversations téléphoniques brèves puisque vous êtes obligés d’y rester debout. C’est également la solution idéale pour les plus petits budgets (on en reparle un peu plus tard dans l’article).  Cette solution permet de cloisonner un open space qui serait trop bruyant. Les panneaux acoustiques vont absorber et réduire le bruit, en plus de séparer les grands espaces en espaces plus intimes. C’est une option qui se veut très mobile et modulable puisque vous pouvez en mettre autant que vous le voulez, les disposer comme vous le souhaitez et les déplacer à volonté !  Et toi, tu comptes acheter ou louer ta phone box ? Vous l’aurez compris, avoir des phone box dans son entreprise et dans son open space est devenu incontournable. Cependant, même s’il y en a un peu pour tous les budgets en fonction des modèles, acheter une phone box a un coût et constitue un réel investissement, ce qui peut en freiner certains. Outre l’achat, il existe ce qu’on appelle le leasing. Mais qu’est-ce que c’est?Le leasing est une location (avec option d’achat) qui permet au consommateur de profiter d’un bien, ici une phone box, en contrepartie du paiement de mensualités.  Que choisir?  Avec l’achat, votre phone box vous appartiendra. C’est un investissement mais cette somme, certes importante, ne sera à sortir qu’une seule fois.De plus, au niveau de la comptabilité de votre entreprise, l’achat constitue une immobilisation qui sera amortie par la durée de vie de votre phone box, avec donc une réduction du bénéfice imposable.  Avec le leasing, vous avez la liberté d’acheter ou non la phone box à la fin…
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L’hypertravail, la solution ?

Loin de la réduction pressentie du temps de travail et de l’émergence d’une« société des loisirs » est plutôt observé, depuis une trentained’années, un accroissement du temps consacré au travail, notamment pourles travailleurs et les travailleuses les plus qualifiés, au Québeccomme dans la plupart des sociétés occidentales (Burke et Cooper, 2008 ;Devetter et Coninck, 2012 ; Kuhn et Lozano, 2008 ; Lapointe, 2005 ;Lee, 2007). Est également observée l’apparition de nouvelles normes etpratiques de temps de travail qui se sont fortement diversifiées dansles organisations : temps supplémentaire non rémunéré, arrangementstemporels personnalisés, extension du travail à toute période de lajournée (incluant soirées et fins de semaine), télétravail et heuresréalisées hors de l’organisation. 2D’un côté, cette flexibilisation du temps de travail – aujourd’huilargement constatée (Bouffartigue, 2012 ; Bouffartigue et Bouteiller,2003 ; Martinez, 2010 ; Thoemmes, 2000, 2012) – permettrait d’échapper àun modèle défini et définitif d’investissement temporel au travail.Ainsi, le temps linéaire, structuré et fortement prévisible qui a étél’apanage de l’époque fordiste serait en net recul et laisserait place àun temps de travail plus souple et individualisé. Cela offrirait auxtravailleurs et aux travailleuses des opportunités de choix pourrépartir le temps accordé au travail et aux autres domaines de vie enfonction de leurs aspirations, buts, engagements et projets respectifs. 3D’un autre côté, les conditions de travail et les demandesorganisationnelles, marquées par l’excès, la surcharge et la rechercheconstante de performance au travail, solliciteraient un dévouement autravail « sans limites » (Cingolani, 2012). Alors que les temporalitéscontemporaines s’inscrivent dans un « temps de l’urgence » (Bouton,2013) souvent érigé en « culte » (Aubert, 2003), les travailleursqualifiés de l’économie du savoir – notamment ceux des servicesinformatiques et du multimédia – sont particulièrement concernés parl’allongement du temps de travail et l’empiètement du travail sur lesautres temps de vie (Habtu, 2003 ; Lapointe, 2005 ; Legault et Ouellet,2012 ; Michon, 2005). L’articulation individuelle des temps de vieserait ainsi confrontée à la norme idéalisée du travailleur sanscontrainte de temps, à la valorisation des longues heures de travail, demême qu’au modèle d’une absence d’interférence entre vieprofessionnelle et vie hors travail (Aubert, 2004 ; Malenfant et Côté,2013). 4C’est dans ce contexte de transformation et de flexibilisation du tempsde travail que nous avons cherché à mieux comprendre la genèse et le(s)sens des conduites de fort investissement temporel au travail,qualifiées par certains auteurs d’» hypertravail ». Qu’entend-on par « hypertravail » ? 5Une revue des travaux scientifiques sur le thème a permis de mettre enrelief la variété des notions utilisées pour désigner et expliquer lesconduites de fort investissement temporel au travail. Les plus souventmobilisées sont certainement celles de workaholismet d’addiction au travail (en psychologie), celles de surtravail oud’hyperactivité professionnelle (en sociologie et psychosociologie).Dans le cadre de la recherche que nous avons menée et que nousprésenterons ici, nous avons privilégié le concept d’hypertravailproposé par Rhéaume (2006). Ce terme désigne « une surcharge de travaildépassant de façon significative une charge dite “normale” : elle semanifeste de façon soutenue dans le temps et est acceptéevolontairement, voire avec enthousiasme » (ibid.,p. 24). Si l’hypertravail s’exerce dans un contexte organisationnelcontraignant pour le sujet, sous l’angle tant des rapports sociaux deproduction que de l’organisation du travail, il résulte aussi d’uninvestissement volontaire au travail, en ce sens que cette conduite peutêtre liée à des choix personnels ou collectifs (Rhéaume, 2006). Lasurcharge ou « l’excès de travail » tel que nous l’entendons ici relèved’une observation extérieure : l’on peut juger qu’une personne se trouveen hypertravail lorsqu’elle consacre un très grand nombre d’heures à laréalisation de ses activités professionnelles, comparativement à unenorme de référence, généralement fixée, dans les travaux du domaine, àplus de quarante-huit heures par semaine (Devetter, 2008 ; Lee, 2007 ;Messenger, 2007 ; Usalcas, 2008). De même, cette conduite « soutenuedans le temps » doit être durable, régulière et non associée à descycles de production délimités. Conduites d’hypertravail et processus de personnalisation 6Notre recherche a visé plus spécifiquement à comprendre les processusde construction de ces conduites d’hypertravail par les salariés, àquestionner les principaux facteurs psychosociaux et organisationnels enjeu dans l’adoption de celles-ci, à dégager les différentessignifications dont les sujets peuvent les doter, à examiner leursincidences sur les processus de personnalisation. 7Philippe Malrieu (2003) a forgé le concept de « personnalisation » pourdésigner le processus à travers lequel le sujet cherche « le sens deson existence par rapport aux pressions divergentes et aux opportunitésconcur-rentes de ses milieux de vie qui se recoupent en lui » (Curie,2000, p. 208). Parce que le sujet se socialise en une pluralité degroupes et de milieux, il se trouve confronté à une diversité demodèles, normes et valeurs parfois dissonants ou contradictoires.Comment dépasser ces contradictions ainsi que les incompatibilités etles conflits sous-jacents à l’exercice de rôles multiples ? Commentconstruire son unité malgré – et à partir de – cette hétérogénéité ? Telest l’enjeu central de la personnalisation. 8Pour les travailleurs qui adoptent des conduites d’hypertravail, leproblème que pose l’allocation des ressources temporelles entredifférentes sphères d’activités avec, pour incidence, la possibilité oul’impossibilité de s’engager dans d’autres rôles de vie estparticulièrement saillant. S’il s’agit d’organiser/réorganiser sonsystème d’activités (Baubion-Broye et Hajjar, 1998 ; Curie, 2000) enhiérarchisant ses différents investissements, il y va aussi de négocierces mêmes investissements avec les autrui significatifs relevant de lasphère professionnelle (supérieurs hiérarchiques, collègues, clients…)comme des autres sphères de sociabilité (conjoint(e), compagne oucompagnon, enfants, amis…). Ainsi les conduites d’hypertravailprennent-elles sens dans les liens que les sujets établissent entre cesconduites et celles développées en leurs autres sphères de vie etpeuvent-elles revêtir des significations très différentes selon lessujets (Gauthier, Fournier et Almudever, 2013). L’hypertravail peutprendre le sens d’une compensation au regard d’une vie sociale peu développée, d’un obstacle au développement d’une vie hors travail et de loisirs stimulante, d’un moyen pour atteindre des objectifs familiaux ou professionnels ou, à l’inverse, d’une menace pour ces mêmes objectifs. Il peut aussi prendre le sens d’une norme imposée et/ou co-construite dans le collectif de travail et renvoyer parfois à une forme de conduitedéfensive. Il peut encore prendre le sens d’une bifurcation dans l’histoire de vie du sujet, comme celui d’une répétition (par exemple, des modèles parentaux) ou celui d’une transition(au regard d’un projet de vie). Car c’est aussi à l’articulation d’unepluralité de temps de socialisation que les significations del’hypertravail sont élaborées – ce qui nous a conduit à concevoir uneapproche à la fois systémique et biographique. Une démarche de recherche par entretiens biographiques 9Au regard des objectifs visés par la recherche, le…
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Flex office : source de bien-être ou cadeau empoisonné ?

Article Welcome to the jungle du 18 septembre 2020 On le retrouve autant sur sa chaise de bureau, qu’à la terrasse d’un café ou sur son canapé… Qui est-ce ? Le salarié moderne ! Accompagné de son fidèle ordinateur et de son smartphone, c’est un nomade qui change d’espace de travail comme la reine d’Angleterre change de chapeau. On dit qu’il travaille en “flex office”, ou littéralement “bureau flexible” en français. Dans son entreprise, pas de poste de travail attitré, les bureaux sont partagés, chacun va-et-vient comme il le souhaite et s’installe où il le désire, si tant est que la place désirée ne soit pas occupée. Ce mode de travail fait son petit bonhomme de chemin dans les entreprises françaises depuis le début des années 2010. Lentement, mais sûrement. Selon une étude Parella/Esquisse, 22,5% des entreprises franciliennes du tertiaire l’avaient mis en place en 2018. Mais, aujourd’hui, avec la pandémie de Covid-19, son adoption est envisagée plus largement, notamment par certains grands groupes comme moyen de diminuer les risques de propagation du virus mais aussi, et surtout, de faire des économies conséquentes sur leurs dépenses immobilières… Mais comment le vivent les salariés ? Décryptage. Le flex office, qu’est-ce que c’est ? Le flex office est l’absence d’attribution d’un poste de travail précis à un salarié. Celui-ci peut ainsi travailler depuis l’espace le plus adapté à sa mission : un bureau libre dans sa propre entreprise, un espace de réunion, une salle de coworking, un café, de chez lui, etc. La notion est à distinguer du desk sharing, phénomène qui induit que les salariés n’ont plus de bureaux attribués au sein même de l’entreprise. Fini l’open-space “poulailler” et le grand bureau du chef au fond du couloir, donc.D’après Claire Riondel, Directrice de la communication chez BAP – un groupe qui réinvente le travail et crée des espaces de coworking -, cette tendance est née d’un triple constat : Entre les missions hors des bureaux, les vacances, les RTT, les arrêts maladies… les bureaux ont de l’espace inutilisé, et pour une entreprise chaque mètre carré a un coût. Surtout en temps de crise. D’ailleurs, la Société Générale serait sur le point d’abandonner un immeuble entier dans le quartier de la Défense grâce au flex office. La révolution digitale permet à chacun d’accéder à ses outils de travail partout et à toute heure. Les salariés sont de plus en plus attachés au confort de travail. Ils cherchent un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et veulent s’extraire des contraintes des horaires et des trajets domicile-travail interminables. De quoi remettre en cause les codes de l’aménagement traditionnel : « Nous pensons que c’est la fin du bureau en tant qu’espace physique. Les mètres carrés qui étaient dédiés à des usages classiques auront de nouvelles fonctions : l’humanisation, la collaboration et la créativité. Le bureau va se décentraliser et les salariés se retrouveront dans des lieux éphémères qui seront le socle de l’expérience de travail de demain. » explique Florian Delifer, CEO d’OfficeRiders(un market place de réservation d’espaces de travail, ndlr). Flex office : le pour et le contre Les « pour » Être plus productif et créatif. L’autonomie du flex office permet de s’installer dans l’endroit le plus adapté à la tâche du moment. Manon, consultante chez Lecko, alterne ainsi entre différents espaces : « J’aime organiser mes rendez-vous professionnels dans un café où je suis plus détendue et créative. En revanche, si j’ai un travail complexe à faire, je reste chez moi où je suis beaucoup plus concentrée. Au bureau, je prends du temps pour échanger avec mes collègues et avancer sur nos projets. » Réduire le temps de transport. D’après une étude de l’institut de l’aménagement et de l’urbanisme, le temps de transport moyen en région parisienne pour se rendre et rentrer du travail est en moyenne de 1h24… C’est très long ! Surtout quand on sait, d’après le baromètre Paris Workplace 2018 de l’Ifop, que l’envie de quitter son entreprise augmente à mesure que son trajet s’allonge. Casser la routine. Chiguecky, consultante chez Lecko, valorise la liberté et l’autonomie que permet le flex office : « Je ne m’installe pas deux jours de suite au même endroit, cela change le rythme de ma semaine et rompt la routine qui pourrait s’installer. Et c’est surtout l’occasion de discuter avec des personnes différentes chaque jour. » Nouer des liens. En travaillant à l’extérieur, il est possible de rencontrer et s’enrichir de personnes de secteurs différents. Mais en s’asseyant à différents postes de travail, on peut aussi mieux comprendre les différents métiers de sa propre entreprise : « Qu’un développeur et un commercial travaillent l’un à côté de l’autre est une réelle valeur ajoutée. Chacun apprend de l’autre. », explique Florian Delifer. Le décloisonnement de l’esprit accompagne celui des espaces de travail.Start-up et grands groupes rivalisent d’imagination pour inventer des lieux qui facilitent la collaboration, la productivité et la créativité. Le flex office, c’est avant tout plus de liberté, plus d’autonomie… et un nouveau mode de management basé sur la confiance plutôt que sur le contrôle. Une révolution dans la révolution. Plus de propreté et d’hygiène. Fini les piles de dossiers qui s’entassent, les restes de déjeuner sur le pouce de la veille et les mouchoirs usagés laissés sur un coin de bureau ! Les postes de travail n’étant pas attitrés, les employés en flex office doivent impérativement les nettoyer après leur passage pour que la prochaine personne qui s’y installe se sente à l’aise. C’est la règle. Un argument de poids en faveur du flex office en période de pandémie. Les « contre » Nécessité d’être très organisé. Vérifier les horaires d’ouverture d’un espace de coworking, appeler pour s’assurer que le Wi-Fi du café fonctionne correctement, pester en se rendant compte que les seules places restantes du bureau sont à côté du radiateur cassé… le quotidien lorsqu’on n’a pas de bureau attitré. Un bureau impersonnel. Oubliez la photo de mamie au coin du bureau ou le pot à crayon…
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4 avantages d’une cloison amovible de bureau

Afin de bâtir des espaces de travail dans cet esprit, la cloison amovible de bureau est un allié pratique et économique. Alors, quelles sont les raisons qui nous poussent à les adopter ? Le temps de l’espace de travail complètement ouvert a entamé sa révolution à travers les open-spaces. Aujourd’hui, les méfaits de cette ouverture de l’espace font les mauvais jours des managers et des ressources humaines. En effet, selon des chercheurs suédois, les salariés qui évoluent au sein d’un open-space ont deux fois plus de probabilité de placer un arrêt maladie court. C’est pourquoi les espaces de travail se réinventent progressivement en composant entre open-space et bureau individuel. 1- Retrouver intimité et productivité grâce à la cloison amovible Le travail collaboratif est plus que jamais à l’ordre du jour. Start-up, freelances, générations y et z, digitalisation, sont de nouveaux éléments qui insufflent des nouvelles pensées de l’espace de travail. Contrairement aux open-spaces bruyants et anxiogènes, les espaces cloisonnés sont plus humains. En effet, de nombreux dirigeants voient en la cloison amovible de bureau de nombreux avantages. Effectivement, le salarié dispose d’un espace dédié qu’il peut adapter selon ses besoins. Ainsi, la cloison amovible de bureau garantit aux salariés d’effectuer de meilleurs résultats en boostant leur productivité. Par la séparation des espaces, tout en offrant une modularité dans les espaces (portes coulissantes, fenêtre intérieurs, grands espaces vitrés, …), il est possible d’offrir un “mix” optimal pour les équipes. 2- Faciliter la collaboration et les échanges entre collaborateurs Installer des cloisons amovibles de bureau est une solution qui permet de repenser le management tout en maîtrisant son budget. Bien que le travail collaboratif est plus que jamais sollicité, “l’espace trop ouvert” a toutefois fait son temps. Grâce à l’installation de la cloison amovible de bureau, l’open-space peut désormais s’organiser. Ainsi, de nouveaux besoins et de nouveaux espaces sont identifiés. Espace détente, espace bureautique, local technique, espace bulle, autant d’espaces définis qui permettent aux collaborateurs de communiquer et d’échanger entre services. 3- Développer le bien-être pour les salariés La cloison amovible de bureau est facile à installer. De plus, elle permet de développer le bien-être des salariés au sein des espaces de travail. En effet,  le salarié se retrouve immergé au sein d’un espace où il peut travailler sans subir le parasitage de ses collègues de bureau. Cette solution permet d’obtenir une meilleure isolation à travers notamment l’utilisation de cloisons acoustiques. De plus, la cloison amovible de bureau permet de concevoir des espaces spécifiques au sein d’un immense plateau de bureau. 4- Apporter design, esthétisme et modularité La cloison amovible offre la possibilité à l’entreprise de personnaliser son aménagement. Il existe désormais différents types de cloisons qui apportent design et esthétisme aux locaux. C’est pourquoi, vous pouvez demander conseil à un professionnel qui vous conseillera sur les supports à utiliser. Panneaux décoratifs, cloisons vitrées, écrimurs, cloisons courbes, vitrophanies, sont autant de solutions à la disposition des entreprises pour rendre l’environnement de travail plus esthétique. de plus, les cloisons modulables permettent de composer un espace au gré de vos envies. Ainsi, vous pouvez modifier vos aménagements au gré de vos envies. Publié dans Aménagement & Déménagement, Mobilier, Tous les articles

Le mobilier de bureau, une mesure déléguée

L’oubli de l’outil 1Dans son ouvrage de 1926, La technopsychologie du travail industriel, le psychologue Léon Walther distingue l’adaptation de l’ouvrier à son travail, de l’adaptation du travail à l’ouvrier. La sélection professionnelle d’un côté, le procédé et l’outillage de l’autre. Il propose de passer de l’étude des aptitudes psychologiques aux attitudes physiques et de celles-ci à la conformité des outils, élargissant ainsi le point de vue sur le travail concret. La démarche est originale ; elle articule les capacités énergétiques et les postures mesurées à l’organisation technique et matérielle du travail. 1 WALTHER Léon, La technopsychologie du travail industriel, Neuchâtel, Paris, Delachaux & Nieslé, 192 (…) 2 AMAR Jules, Le moteur humain et les bases scientifiques du travail professionnel, Paris, Dunot et P (…) 3 AMAR Jules, Le travail humain, Paris, Librairie Plon, 1923, p.56. D’une manière générale, les « sci (…) 2Le chapitre consacré à l’outillage mérite attention. L. Walther constate le peu d’intérêt qu’a suscité l’étude de l’outillage pourtant si nécessaire à la juste compréhension de la dépense énergétique. « Très peu de recherches » dit-il, « ont été faites pour étudier scientifiquement l’outillage dans le sens le plus large du mot »1. De nombreux travaux se sont en effet concentrés sur les dépenses énergétiques de l’ouvrier en tenant compte de l’outillage tel qu’il était donné ; des recherches centrées sur la bonne attitude plutôt que sur la transformation de l’outil lui-même. C’est par exemple le cas de Jules Amar lorsqu’il évalue la dépense d’énergie – mesurée en oxygène consommé – selon les positions du corps2. Ou bien lorsqu’il étudie les postures les plus économes en énergie dépensée dans la manutention d’une brouette, ou encore dans sa célèbre étude sur l’analyse des efforts de respiration du limeur selon « la bonne ou mauvaise attitude pour travailler »3. 4 WALTHER Léon, La technopsychologie…, op.cit. 1926, p.157. 5 WALTHER Léon, Ibidem, p.158. L’interprétation d’une interaction entre matériaux et action mécanique (…) 6 WALTHER Léon, La technopsychologie…, op.cit. 1926, p.161. 3L’originalité du regard de Léon Walther, c’est de saisir le travail dans sa dynamique temporelle, l’adaptation de l’environnement technique à l’usage. L’outil y apparaît comme une extension du mouvement naturel ; son ajustement repose sur une définition comme « segment nouveau ajouté à la chaîne des segments du corps humain »4. Se déploie toute la complexité du rapport ainsi compris. L’outil est considéré sous le point de vue de sa forme, de sa masse, de sa longueur, de son poids, de son volume dont il faut selon les circonstances déterminer les meilleures proportions. Sa construction est à rapporter à son mode d’action sur la matière : « quelle doit être la forme par rapport à la zone d’attaque ? »5. Quelle longueur doit avoir le manche d’un outil ? Sur ces questions nous dit L. Walther, « nous ne possédons presque point de recherche »6. 7 Ibidem, p.162. 8 Ibid., p.158. 9 Plutôt que de se fier à l’instinct de l’ouvrier, dit-il, « il paraît plus juste de suivre de près e (…) 4Mais, en soi, l’outil n’est rien. Puisqu’il est prolongement du corps, sa position dans l’espace devra se trouver en « accord harmonieux avec le moteur psycho-physiologique de l’ouvrier » ; des leviers par exemple, bien positionnés, bien proportionnés n’exigent de l’ouvrier « que les mouvements les plus naturels et les plus économes dans leur parcours dans l’espace »7. Enfin, la conception de l’espace de travail devra décharger l’ouvrier de la coûteuse « fonction psychique » d’attention et éviter toute dispersion d’énergie. En 1926, L. Walther fait le constat d’une expérimentation empirique de ces questions. Rien ne permet de définir à l’époque « une sorte de canon qui servirait de base pour la construction de n’importe quel outil ou machine »8. La raison tient sans nul doute à la diversité des situations de travail ; elle tient surtout sous la plume de L. Walther à une conception très originale de l’outil comme matière malléable, se modifiant dans l’usage prolongé qu’en fait l’ouvrier9. Rationaliser le travail administratif 10 Il ne s’agit pas d’oublier les travaux psychophysiologiques ou psychotechnique sur le travail des e (…) 11 LEPAIN Jules, GRANDVILLE Jacques, Les méthodes modernes en affaires. La psychologie dans les affair (…) 12 GARDEY Delphine, La dactylographe et l’expéditionnaire, histoire des employés de bureau (1890-1930)(…) 13 Mon bureau…, op. cit., 1909, p. 56 5Aussi avancées que soient les propositions de Léon Walther en 1926, elles reposent sur le constat d’un moindre intérêt pour les questions d’ergonomie, d’adaptation de l’outillage aux nécessités du travail. Diversité des outils, des situations, centration sur la mesure de l’énergie dépensée et celle des aptitudes : l’outil a été en grande part délaissé. Il a rarement été compris comme une ressource, facteur du rendement recherché presque exclusivement dans l’économie psycho-physiologique, à l’exception du bureau peut-être10. Car l’intérêt qu’on porte au mobilier dès le début du XXe siècle, et surtout entre les deux guerres, nous permet de déplacer le regard vers les moyens mis en œuvre pour réaliser le programme des sciences du travail : rationaliser le geste, augmenter le « rendement », diminuer la fatigue. Ces objectifs s’inscrivent dans le cadre d’une science du travail administratif imposée par le développement des activités tertiaires au début du XXe siècle. Inspiré du modèle taylorien américain, puis de celui français de Fayol, la rationalisation du travail de bureau s’appliquera à rompre avec les méthodes du XIXe siècle : inertie, lenteur, incohérence. L’adoption des « méthodes modernes en affaires » selon le titre d’un ouvrage de 1919, considère désormais la possibilité d’organiser « scientifiquement » les bureaux11. L’entreprise y est vue comme une « organisation » traversée d’un mouvement de circulation continue d’informations. La production et le classement de celles-ci, sous forme de fiches, nécessiteront une machinerie et un mobilier original, outils principaux de l’efficacité du travail12. Des ouvrages, des revues voient le jour et soutiennent un tel projet. Il est par exemple clairement exprimé au tout début du XXe siècle dans la revue Mon bureau, première revue française consacrée au travail administratif : « La routine, l’inertie, l’obstination font piétiner sur place un grand nombre d’organisations, et, cependant, l’effort est aussi grand, souvent même plus grand pour obtenir ce résultat négatif. Les méthodes progressives consistent surtout à se débarrasser de la routine,…
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Quels nouveaux usages pour les espaces de bureaux ?

Aménagement de l’espace Flex office, télétravail, coworking, autant de nouvelles habitudes de travail qui bouleversent l’usage classique réservé aux espaces de bureaux. Puisqu’il est de moins en moins nécessaire aujourd’hui, de se rendre chaque jour dans les locaux de son entreprise pour travailler, quels nouveaux usages réserver aux espaces de bureaux ? Au cours de la décennie écoulée, sous l’effet du nomadisme et de l’essor du travail à distance, le taux d’occupation réel des bâtiments de bureaux à baisser de 30 % à 40 % en Ile-de-France[1]. Bien sûr, la Covid-19 accentue cette tendance. Tandis que le télétravail et le home office sont souvent plébiscités par les salariés, les entreprises envisagent de plus en plus le Flex office comme une solution d’avenir. Selon une étude du cabinet Deloitte, avant même l’épidémie, entre les congés payés, les RTT, les déplacements professionnels, les réunions internes, les déplacements à l’extérieur et le télétravail, le taux d’occupation moyen des postes de travail n’excédait pas 70 %, voire 50 % selon les entreprises. Avec un coût annuel moyen compris entre 5 000 et 18 000 euros HT par poste de travail, il y a là largement matière à réflexion pour faire évoluer les usages réservés aux espaces de bureaux. Répondre aux besoins de flexibilité L’évolution des espaces de travail ne doit pas répondre au seul souci pour les entreprises de réaliser des économies. De nombreux autres paramètres rentrent en ligne de compte. Depuis le confinement du printemps 2020 l’immense majorité des salariés (81 %) souhaitent continuer à télétravailler un ou plusieurs jours par semaine. Puisqu’il est aujourd’hui possible de travailler aussi bien en Home Office, qu’en coworking ou au bureau, cette nouvelle flexibilité pose clairement la question de la définition de l’espace de travail. En réponse à quelle obligation devrait-on se rendre chaque jour dans les locaux de son entreprise ? Quel espace de travail faut-il privilégier pour se concentrer, pour échanger entre collègues ou se concerter autour d’un projet ?  Quels lieux et quelle organisation de l’espace privilégier pour créer les conditions d’un bien-être et d’une qualité de vie au travail propices à l’engagement des collaborateurs et à leur productivité ? En un mot, quelle est aujourd’hui la raison d’être du bureau et quelle doit être sa valeur ajoutée ? Un lieu de rencontres et d’échanges Sous l’effet du télétravail et des outils collaboratifs, l’espace de travail se dématérialise. Selon différentes études, le travail à distance augmente aussi la productivité et l’engagement des collaborateurs. De son côté, l’idée d’un poste de travail attitré dans les locaux de son entreprise tend à devenir obsolète face au succès croissant du Flex office. Face à ces évolutions, l’une des fonctions intangibles des espaces de bureaux s’impose : celle d’un lieu de sociabilité, de rencontres et d’échanges. Les bureaux sont appelés à devenir des hubs collaboratifs, où les collaborateurs se rendraient pour rencontrer leurs collègues, participer aux réunions de travail ou assister aux présentations les plus importantes. L’espace de travail physique devient celui de l’incarnation de l’identité d’entreprise. Comme le souligne Ludovic Delaisse, directeur général de Cushman & Wakefield France, spécialiste de la gestion immobilière des espaces professionnels  : « C’est le poumon de l’entreprise, où se concentre la richesse des interactions sociales ». Plus que jamais, le bureau devient l’emblème d’une culture d’entreprise, un lieu de cohésion sociale autour duquel se cristallise le sentiment d’appartenance. Il est aussi la vitrine extérieure, l’espace où l’on reçoit les visiteurs. Voilà pourquoi il est essentiel aujourd’hui de faire des espaces de bureaux des endroits conviviaux, modulables et multi-usages. A l’heure du flex office et du télétravail, il n’y a plus de sens à organiser l’essentiel de ses locaux en open-space. Salles de réception, de réunion, cafétarias conviviales, espaces de concentration, mais aussi de détente entre deux séances de travail productives, voilà les nouveaux usages à réserver aux locaux professionnels. Attirer les talents Plus que jamais, les espaces de bureaux doivent faire la preuve de leur valeur ajoutée par rapport aux autres espaces de travail que sont le home office ou le coworking. Il y a là un enjeu de cohésion, mais aussi d’attractivité pour permettre à l’entreprise d’attirer à elle de nouveaux talents. De ce point de vue, les locaux de l’entreprise contribuent très largement au succès d’une marque employeur. A niveau de poste et de salaire équivalent, il y a fort à parier qu’entre deux entreprises, un candidat choisira celle qui, en plus de lui offrir la possibilité du télétravail, lui donnera aussi envie de se rendre dans ses locaux, parce qu’il sait qu’il s’y sentira bien, qu’il y travaillera efficacement et que les interactions avec ses collègues seront riches. Encore plus que par le passé, l’espace de bureau devient l’emblème du succès d’une entreprise. L’important n’est plus qu’il soit en mesure d’accueillir tous les collaborateurs en même temps, mais qu’il les séduise et les rende fiers et heureux de travailler pour cette entreprise.

Le nouvel essor du flex office

Méthode de travail La démocratisation du télétravail favorise l’essor du flex office. Après s’être souvent vu reproché dans le passé de dépersonnaliser les espaces de travail et de n’avoir pour principale motivation que de réaliser des économies en réduisant les surfaces de bureau, le flex office bénéfice aujourd’hui d’un regain d’attractivité. En proposant des espaces conviviaux, propices aux échanges créatifs et au bien-être au travail, il contribue à remodeler le rapport au travail et la culture d’entreprise. Bien avant le confinement, le flex office faisait déjà des émules ! Dès 2016, l’ensemble des espaces de travail des 1000 collaborateurs du nouveau siège du cabinet Deloitte à la Défense ont été organisés selon ce principe. Même chose chez Axa, où le flex office concernait 40 % des espaces avant même la crise sanitaire. Une baisse des coûts pour les entreprises Pour les entreprises, le principal avantage du flex office est souvent de réduire les coûts liés aux surfaces de bureau. Moins de bureaux attitrés équivalent à moins de surfaces nécessaires. Cqfd. Même s’il s’appuie sur le nomadisme et le télétravail, le flex office s’inscrit aussi dans une évolution à long terme. L’espace individuel disponible dans les grandes entreprises est ainsi passé de 40 m2 en 1980 à… plus ou moins 15 m2 aujourd’hui[1].Selon les études réalisées avant le confinement, au moins 50 % des salariés déclaraient d’ailleurs ne pas avoir besoin d’un bureau personnel, à condition toutefois de disposer de tout l’équipement nécessaire pour travailler efficacement[2]. Le flex office, indissociable du télétravail Le succès du télétravail sous l’effet de la crise du Covid-19 accélère aujourd’hui le mouvement. Dès lors que l’immense majorité des salariés (81 %) souhaitent continuer à télétravailler un ou plusieurs jours par semaine[3], la question du maintien d’un poste de travail personnel dans les locaux des entreprises se pose avec plus d’acuité. Pourquoi réserver pour chacun un espace de travail personnel s’il reste vide une partie du temps ? L’indispensable adhésion des salariés Il est souvent reproché au flex office d’entraîner une dépersonnalisation de l’espace, voire de créer un stress supplémentaire du fait de la perte des habitudes quotidiennes qu’il entraîne. Mais la flexibilité permise par le télétravail évite de tomber dans cet écueil. Quoi de plus personnel et routinier en effet que son propre domicile ? Dès lors qu’il devient possible d’y travailler régulièrement et d’alterner facilement travail à distance et en présentiel, chacun peut conserver ses habitudes, cultiver une vraie qualité de vie au travail et conserver le sentiment de maîtrise de son propre environnement de travail. Certains aiment la socialisation du bureau ; d’autres le calme du travail à distance ; la plupart apprécient surtout de pouvoir passer de l’un à l’autre. La liberté de choisir son lieu de travail est sans aucun doute un puissant facteur d’autonomie. Elle confère aussi un très fort sentiment de contrôle. Or comme le souligne Gaëtan de Lavilléon, docteur en neuroscience, le sens du contrôle est « associé à une plus grande satisfaction du travail en général, et in fine, à de meilleures performances »[4]. Pour susciter l’adhésion de tous, il est donc essentiel que le flex office n’aille pas à l’encontre de ce besoin de contrôle. Sinon, autant rester chez soi ! Voilà pourquoi il est peut être judicieux d’associer les salariés à la conception des espaces de travail. C’est par exemple le choix qu’a fait Airbnb pour son siège américain de Portland. Pour éviter de nourrir les frustrations liées à la perte d’un bureau individuel, il est fondamental, enfin, que chacun sente que le flex office offre une nouvelle occasion de tisser des liens, amicaux ou professionnels au sein de l’entreprise. De ce point de vue, le flex office doit être non seulement envisagé comme un espace de travail, mais aussi comme un lieu de convivialité, propice aux échanges créatifs, et où chacun à plaisir à se rendre et à se retrouver. Faire du flex office un hub collaboratif C’est par exemple le modèle prôné par Peugeot. Au printemps dernier, le constructeur automobile a annoncé que la présence sur site ne serait désormais obligatoire que…1,5 jour par semaine. 40 000 salariés dans le monde, dont 18 000 en France sont concernés. L’enjeu ici est de faire de chaque rencontre réelle un moment riche et productif. « En tant que DRH, si j’ai une réunion de travail en présence physique de mes équipes, je leur demanderai de ne pas ouvrir leur ordinateur portable ni leur téléphone. Il s’agit de se concentrer sur cette séance de créativité, d’échanges, de décisions que nous aurons à faire ensemble » précise à cet égard Xavier Chéreau, DRH de PSA[5]. Le flex office tend ainsi à faire des espaces de bureaux des hub collaboratifs, avant tout dédiés à la rencontre et la concertation plutôt qu’à la production. A l’inverse, le travail individuel lui, se fait au calme et à distance, à la maison, dans un tiers lieu ou un espace de coworking. La flexibilité, nouvelle culture d’entreprise Le flex office signe ainsi la mort du présentéisme ! L’important n’est plus de respecter les horaires de présence au bureau, mais de tenir les délais. Chacun devient plus libre de s’organiser à sa guise, dès lors qu’il ne compromet pas le travail d’équipe et ne nuit pas à la qualité du résultat final. De nouveaux services émergent d’ailleurs pour accompagner les entreprises dans ce changement culturel. C’est le cas par exemple de l’application Moffi qui permet à chaque utilisateur de visualiser les espaces de travail libres ou occupés et d’indiquer au quotidien s’il prévoit de se rendre dans les locaux de son entreprise ou bien de télétravailler. Le cas échéant, il est également possible de géolocaliser les coworkings à proximité. Les managers peuvent enfin visualiser en 1 clic combien de personnes sont en télétravail ou présentes dans les locaux de l’entreprise. Le flex office réinvente d’ailleurs le rôle du manager. Véritable animateur, il devient plus que jamais celui ou celle capable de fédérer les équipes autour d’un objectif commun, de fixer des horizons clairs et des échéances précises, mais aussi d’alimenter le lien social pour maintenir vivace la cohésion…
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